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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 14:52

 

Alors que la filière éolienne est en France plombée par des contraintes réglementaires absurdes, le colloque éolien du Syndicat des Energies Renouvelables les 13 et 14 décembre à Nantes rassemble plus de 700 participants. Des intervenants de tous horizons ont déjà témoigné des attentes des entreprises, du dynamisme des collectivités locales dans l’appropriation des ENR, de leur rêve, et, il faut le dire aussi, d’un certain blocage du côté de l’administration. Preuve de l’intérêt grandissant de l’éolien dans la jeunesse : Beaucoup d’étudiants et de jeunes étaient présents hier dans la salle.

 

Jean-Louis Bal, Président du SER, a dénoncé les « mesures superfétatoires » qui ont alourdi le cadre réglementaire – ZDE, schémas régionaux, ICPE, réglementation des 5 mâts – et « l’imagination sans limite des parlementaires ». Il a pointé la menace sur le tarif et la hausse des charges en matière de raccordement qui mettent en difficulté des dizaines d’entreprises et des milliers d’emplois.

Parmi les points positifs, il a salué le 1er appel d’offres de 6000 MW à l’horizon 2020 dans l’éolien offshore qui mobilise une filière industrielle.

Le Syndicat des Energies Renouvelables est plus que jamais décidé à défendre la filière. « Le soutien de Windustry 2.0 est notre contribution au patriotisme écologique (…) un patriotisme écologique qui n’est pas un repli identitaire qui ne concernerait que les entreprises françaises »,  a précisé Jean-Louis Bal, tout en revendiquant aussi la place d’une industrie éolienne en France, « une perspective qui doit nous réchauffer le cœur »

 

Delphine Batho se dit « préoccupée »

 

1250 MW d’éolien terrestre ont été installés en France en 2010, 875 MW en 2011, et moins de 700 MW cette année. A ce rythme-là, les objectifs 2020 (19000 MW d’éolien terrestre) ne seront pas tenus, rappelle le SER. Dans un échange retransmis sur grand écran à l’assistance, Jean-Louis Bal a interpellé la Ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Delphine Batho qui a déclaré « être préoccupée » par ces chiffres qui montrent que « la France est loin des objectifs qu’elle s’est donnée ». Selon Delphine Batho, « il y a un place pour cette énergie dans notre pays », et la loi Brottes en janvier avec la suppression des ZDE et de la règle des 5 mâts, devrait lui offrir un cadre plus favorable. « Je sais qu’il y a derrière des attentes de la filière en termes d’emploi notamment » a précisé Delphine Batho. A propos du tarif d’achat, « l’Etat garantira le contrat et les tarifs d’achat de l’éolien (…) en toute hypothèse, il n’y a aucune raison de douter de la pérennité du tarif d’achat en France » a dit Delphine Batho. La Ministre de l’Ecologie et de l'Energie a rappelé le lancement du 2ème appel d’offres sur l’éolien offshore dont le cahier des charges sera transmis bientôt à la CRE.

 

(D’autres infos dans le prochain billet).

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 13:58

 

La FNAUT, Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports, a publié vendredi dernier les résultats d’une étude (*) sur les coûts d’usage des transports pour les déplacements de longue distance, et a fait plusieurs propositions parmi lesquelles : Une meilleure information du public sur l’atout prix des transports collectifs ; la promotion du train Intercités (train Corail) moins cher que le TGV ; l’instauration du péage urbain dans les villes de plus de 300 000 habitants (comme le préconisait le Grenelle 2) ; l’augmentation de la fiscalité de l’essence, en particulier du diesel actuellement moins taxé et nuisible à la santé ; la taxation du kérosène qui n’est pas taxé alors que le transport aérien est un gros émetteur de gaz à effet de serre.

 

La FNAUT explique que si le kérosène était taxé comme le gazole, son prix doublerait et le billet d’avion augmenterait d’environ 30%. En prenant l’exemple du prix moyen du billet Air France court-courrier qui est d’environ 100 €, la hausse moyenne de 30 €, « provoquerait un report significatif sur le rail du trafic aérien assuré par les compagnies traditionnelles. Le prix de l’avion à bas coût serait porté au niveau de celui du TGV ».

 

La FNAUT participe au débat sur la transition énergétique avec un siège au Conseil National du Débat, sans grande illusion. « Nous sommes inquiets car la fiscalité écologique n’intéresse pas le gouvernement, or il n’y a que là que l’on peut trouver de l’argent pour financer les infrastructures » a déclaré Jean Sivardière, Président de la FNAUT.

 

(*) Il s’agit du 2ème volet d’une étude sur les coûts d’usage des transports, réalisée par Jean-Marie Beauvais, économiste des transports, à partir de données macro-économiques de l’INSEE. La première partie publiée au printemps portait sur les déplacements de proximité. Cette étude a été financée par le GART, l’UTP, la SNCF et les autocaristes (Eurolines, Réunir, iDBus).

 

Pour télécharger l’étude : http://www.fnaut.asso.fr/index.php/etudes-et-debats/317-couts-dusage-des-differents-modes-de-transport.html

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 09:41

 

Le Syndicat des Energies Renouvelables, qui tiendra les 13 et 14 décembre son colloque national éolien, a annoncé hier la signature avec OSEO d’un contrat d’aide au financement du projet Windustry France 2.0 (un programme qui rassemble environ 200 entreprises concernées par le marché éolien. Voir article).

Dans le cadre de la série d’actions destinées à renforcer la compétitivité des PMI et des filières industrielles stratégiques françaises, et selon la préconisation des Etats Généraux de l’Industrie dans le cadre des Investissements d’Avenir, l’Etat a retenu le projet Windustry France 2.0 porté par le SER et en a confié le suivi à OSEO.

Windustry France 2.0 permet l’accompagnement individualisé d’entreprises françaises, souhaitant intégrer l’industrie éolienne, diversifiant ainsi leur activité et développant le tissu d’emplois. Cette démarche associe de nombreux partenaires régionaux : agences de développement économique, chambres de commerce et d’industrie, clusters et pôles de compétitivité...

« C’est un jour important pour la profession et nous nous réjouissons de ce soutien de l’Etat, qui prouve la confiance des pouvoirs publics dans la capacité de la filière éolienne à développer un outil industriel puissant, créateur d’emplois sur notre territoire », déclare Jean-Louis BAL, Président du SER, dans un communiqué.

Cette démarche de structuration de la filière éolienne française constituera la vitrine du savoir-faire français dans l’industrie éolienne terrestre comme maritime, au plan national comme à l’export.

 

Le SER a rappelé dans un autre communiqué la compétitivité de l’éolien terrestre :

 

« Force est de constater que, parmi les nouvelles technologies disponibles pour rénover le parc de production électrique français, l’éolien terrestre s’affiche chaque jour plus compétitif. En effet, l’annonce de la réévaluation du coût de l’EPR de Flamanville illustre les avantages de l’énergie éolienne. Avec un prix de vente de 84 euros par MWh pendant 15 ans d’amortissement, cette forme de production d’énergie offre une stabilité remarquable en matière économique.

A côté de ses coûts de production compétitifs, l’énergie éolienne détient un potentiel d’emplois importants dans nos territoires. La balance commerciale des équipements s’améliore chaque année illustrant le rôle grandissant des entreprises françaises sur les marchés internationaux ».

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 17:43
 

Photo-Cacique-Raoni-copie-1.jpg

                                                                        Photo : Colorwatt

 Le Cacique Raoni et le Cacique Megaron (premier plan de gauche à droite) à l'atelier Picasso à Paris

 

 

Emouvante rencontre vendredi dernier à l’atelier Picasso à Paris. Le Cacique Raoni, un des grands chefs du peuple Kayapo, accompagné du Cacique Megaron destiné à lui succéder, ont lancé un appel pour sauver la forêt Amazonienne. Dénonçant les projets de grands barrages hydroélectriques, en particulier celui de Belo Monte qui menace les territoires indigènes sur les rives du fleuve Xingu, ils font campagne en Europe pour sensibiliser les chefs d’état et les populations et faire pression sur le Brésil. Leur combat « Urgence Amazonie » est soutenu par l’ONG Planète Amazone.

 

Outre l’arrêt de la construction de ce barrage, les représentants du peuple Kayapo demandent le respect des droits de l’Homme pour les peuples forestiers d’Amazonie dont les droits sont régulièrement violés. Ils lancent un appel aux dirigeants européens (le Cacique Raoni a notamment rencontré François Hollande) pour que leurs pays stoppent leur participation à la déforestation et à la destruction de la biodiversité en Amazonie (importation de soja ou viande amazonienne, de bois issus de la forêt tropicale, participation aux projets de barrages géants dans le bassin amazonien…) Enfin, ils lancent un appel à la solidarité pour permettre au Cacique Raoni de construire sur le territoire de Kapot-Nhinore, convoité par toutes sortes d’exploitants et soumis régulièrement à des invasions, un village qui ferait office de centre de surveillance et d’information sur les droits des populations.

 

Quelles alternatives au barrage de Belo Monte ?  

 

Le Cacique Raoni pense que c’est au gouvernement brésilien de trouver des solutions pour produire de l’énergie sans porter préjudice aux peuples autochtones. Les Amis de la Terre qui soutiennent le Cacique Raoni, considèrent que les investissements doivent aller en priorité à l’efficacité énergétique, et proposent comme alternative écologique aux grands barrages, les petits barrages  inférieurs à 10 MW, gérés collectivement et localement, explique Ronack Monabay, en charge de la campagne institutions financières internationales aux Amis de la Terre. Il cite aussi le Wall Street Journal, avec lequel il est pour une fois d’accord : «la raison pour laquelle les petits barrages ne sont pas construits, c’est qu’ils distribuent le pouvoir économique et politique plus qu’ils ne le concentrent ».

Figure emblématique de la protection de la forêt Amazonienne, le Cacique Raoni (82 ans) a reçu le soutien de chefs d’état, dont Jacques Chirac, d’artistes (Sting, Sigourney Weaver) de personnalités (Nicolas Hulot, Vincent Cassel…). Le combat des Kayapos a même inspiré le réalisateur James Cameron  pour son film Avatar.

 

 Pour soutenir le Cacique Raoni, on peut faire des dons en ligne www.raoni.com

Et pour lutter contre la déforestation, on veille à ce que les meubles et objets en bois que l’on achète utilisent du bois issus de forêts durablement gérées (label FSC, PEFC, ou TFT).

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 01:32

 

Le photovoltaïque pèse sur la CSPE, dit la CRE

 

Selon les chiffres publiés par la CRE (Commission de Régulation de l’Energie), les charges liées aux énergies renouvelables pour 2013 sont estimées à 3 Milliards d’€, passant de 41% à 59% des charges totales. Les charges liées à la filière photovoltaïque représentent 70% des charges liées aux énergies renouvelables et 41% des charges sur l'année 2013, en raison d'un prix d'achat élevé, en moyenne de 459 €/MWh.

 

Le SER distingue coûts passés et coûts futurs

 

Le Syndicat des Energies Renouvelables considère que « les chiffres donnés sont imputables, pour le photovoltaïque, aux contrats signés pour le lancement de la filière entre 2006 et 2010, et correspondent à une charge par ménage de 2,50 €/mois. Ce soutien, nécessaire à l’époque, a permis de lancer cette filière énergétique en France et de créer près de 18 000 emplois ».

Inquiet, le SER met en garde contre l’abandon de cette énergie renouvelable aujourd’hui, « au moment où ses surcoûts à venir sont désormais largement supportables par la collectivité ». Cela provoquerait « la destruction des emplois existants et la non création des dizaines de milliers d’emplois à venir, sans toutefois réduire, pour le consommateur d’électricité, le niveau de charge généré par les premières années de développement de l’électricité photovoltaïque ».

Le SER rappelle : « Aujourd’hui, la réalité du solaire photovoltaïque est tout autre. Les coûts de production de cette forme d’énergie poursuivent une courbe d’apprentissage particulièrement rapide et sont sans commune mesure avec ce qu’ils étaient il y a encore quelques mois, au point de se situer désormais proches du coût de l’électricité distribuée ».

A noter : Il y a quelques jours, Enerplan faisait un communiqué dans le même sens.

 

EDF nous éclaire sur les coûts de l’EPR

 

EDF vient d’annoncer un surcoût de 2 milliards d’€ pour l’EPR de Flamanville, ce qui fera monter sa facture à 8,5 milliards. Le coût de l’électricité en sortie devrait dépasser les 100 €/MWh (d’après Greenpeace), un prix supérieur au tarif d’achat actuel de l’éolien terrestre (80€/MWh pendant 10 ans, dégressif au-delà) et presque équivalent à celui de l’électricité solaire produite par Solaire Direct (108 € / MWh dans le cadre d’un contrat d’achat spécifique avec Sorégies en Poitou-Charentes).

 

Face au nucléaire de nouvelle génération, certaines ENR sont d’ores et déjà compétitives, avec l‘inconvénient de l’intermittence, mais sans problèmes de déchets radioactifs, ni de risque sanitaire qu’aucune compagnie ne veut assurer. Le débat sur la transition énergétique finira peut-être par aborder les vrais sujets.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 17:38

Le débat sur la transition énergétique sera un peu plus long que prévu et le projet de loi de programmation énergétique, issu du débat, ne sera présenté qu’en septembre. La décision a rassuré un peu les ONG qui redoutaient un calendrier resserré et tronqué.

Il règne encore un certain flou quant à l’organisation du débat et à la liste des participants.

 

FEE espère encore une participation

FEE (France Energie Eolienne) qui n’a pas obtenu de place dans le Conseil National du Débat « malgré ses demandes répétées », a repris un peu d’espoir et espère obtenir un siège à la suite de la déclaration de la Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable qui a annoncé que les listes ne seront définitives que le 13 décembre. France Energie Eolienne qui représente 250 entreprises, 11000 emplois et 7 000 MW installés à ce jour, rappelle dans un communiqué que l’éolien est une énergie compétitive, décarbonée, susceptible de participer à la ré-industrialisation de la France avec 60000 emplois en 2020. L’éolien est aussi une énergie décentralisée, ancrée dans les territoires, qui bénéficie d’une image positive auprès du grand public. 61% des français sont prêts à accepter des éoliennes à moins d’un kilomètre de leur habitation d’après l’enquête Energies Renouvelables BVA 2011 pour l’ADEME, précise le communiqué de FEE.

 

Les ONG restent sur leur garde

Hier, juste avant l’ouverture du débat, la Fondation Nicolas Hulot, le CLER, HESPUL, le WWF, le Rassemblement pour la planète, ont déclaré dans un communiqué que le périmètre du débat doit couvrir « l'ensemble des secteurs et en particulier les infrastructures de transport ». Ces associations veulent que le débat « s'inscrive dans le cadre des engagements pris par la France, notamment au sein de l'UE », qu’il aboutisse à « une vision d'un avenir énergétique sobre et équitable » et « à des mesures politiques et des moyens d'actions pour le quinquennat en cours ».

 

Greenpeace ne participera pas au débat « dans les salons » mais agira sur le terrain

Greenpeace qui a claqué la porte, compte bien pointer les vrais problèmes avec des actions sur le terrain. Le 29 novembre au matin, une dizaine d’activistes de Greenpeace ont déployé à la centrale du Tricastin une banderole de 60m2 sur laquelle on pouvait lire “Tricastin en zone sismique, on en parle vraiment !”.

Greenpeace s’est indignée de l’absence de représentants des ENR au débat et dénonce les reniements du gouvernement. « Les filières renouvelables très prometteuses en emplois sont en panne. La filière solaire s’effondre et le développement de l’éolien est bloqué par la question des tarifs d’achat de l’électricité » précise le communiqué.

Sur les renouvelables, François Hollande et Jean-Marc Ayrault avaient promis des mesures d’urgence, mais pour l’instant, rien. Encore un signe qui nous confirme le manque total de volonté d’inscrire la France sur la voie de la transition énergétique” conclut Jean-François Julliard.

«  Greenpeace ne participera pas au débat “dans les salons” mais sera bien présente pour défendre sa vision de la transition énergétique sur le terrain avec sa capacité d’interpellation, d’action et de mobilisation » déclare l’association.

 

Agir pour l’environnement écrit à Delphine Batho

Dans une lettre à Delphine Batho, Stéphen Kerckhove, Délégué général d’Agir pour l'Environnement et Membre du conseil national du débat sur la transition énergétique, demande l’arrêt des violences à Notre Dame Des Landes, l’intégration dans le débat de la question des infrastructures de transport, de même que celle de l’EPR de Flamanville et de sa ligne THT, et la possibilité de pouvoir disposer dans ce débat de véritables scénarios, « y compris envisageant une sortie rapide du nucléaire ».

http://www.agirpourlenvironnement.org/sites/default/files/communiques_presses/DEBAT_ENERGIE_D%C3%A9claration_St%C3%A9phen_Kerckhove.pdf

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 14:38

 

Invité de dernière minute un peu inattendu (Sortir du Nucléaire n’a pas été convié à la Conférence environnementale en septembre), Sortir du Nucléaire a décliné la proposition, estimant que ce  débat sur l’énergie est « un écran de fumée pour occulter la politique du fait accompli ».

 

Le communiqué de Sortir du Nucléaire :

 

Débat sur l’énergie : un écran de fumée pour occulter la politique du fait accompli

 

Aujourd’hui s’ouvre le « grand débat sur l’énergie » promis par François Hollande. Le Réseau « Sortir du nucléaire », invité en dernière minute à participer, a décliné la proposition et rappelle ses doutes sur un processus qui semble uniquement destiné à entériner la politique gouvernementale.

 

Un processus-caution pour des décisions déjà prises

Contacté en dernière minute, sans doute pour occuper les chaises laissées vides par le départ de Greenpeace et des Amis de la Terre, le Réseau « Sortir du nucléaire » a refusé de servir de caution à un processus opaque, qui a tout d’une usine à gaz aux règles du jeu insondables. On est très loin d’un vrai débat démocratique et transparent sur l’énergie tel que les choix énergétiques le mériteraient.

Depuis plusieurs mois, le Réseau « Sortir du nucléaire » a exprimé ses doutes sur ce processus. Quel sens a ce "débat" si les décisions engageantes pour l’avenir énergétique sont adoptées ailleurs ? En six mois, le gouvernement a ainsi, sans concertation, appelé à accélérer les travaux de la mine d’uranium d’Imouraren ; il a soutenu fortement le projet de réacteur « de 4ème génération » Astrid ; confirmé le choix de la production et utilisation de combustible MOX ; confirmé l’exportation de la technologie nucléaire ; signé le décret de création d’ITER…

Quel sens a ce débat si plusieurs membres du gouvernement ont déjà une opinion tranchée sur le nucléaire, « énergie d’avenir » dont la France aurait « durablement besoin » ? Si Anne Lauvergeon, personnification même de l’industrie nucléaire, siège au comité de pilotage du débat ?

 

Réduction de la part du nucléaire : l’impossible équation

Le débat est censé étudier, entre autres, la « réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique». De quelle réduction peut-on parler si l’EPR de Flamanville n’est pas remis en question, et que même la fermeture de Fessenheim en 2016 ne peut être tenue pour acquise, le gouvernement n’ayant apporté aucun démenti aux voix qui remettaient en question l’arrêt de la centrale ?

Y a-t-il une vraie volonté du gouvernement de réaliser cette réduction, Arnaud Montebourg ayant déclaré "irréaliste de vouloir diminuer le nucléaire et le pétrole, tout en trouvant de l’argent pour financer les renouvelables" ?

Tout laisse à penser que ce débat est surtout destiné à entériner la protection de l’industrie nucléaire et à couper court aux projets de fermeture de centrales. On est bien loin d’une véritable "transition énerg’éthique" qui passerait par une vraie remise en question de notre production et de notre consommation d’énergie !

 

Il ne peut y avoir de débat sans respect de la société civile

Enfin, peut-il y avoir un vrai débat si la société civile n’est pas respectée ? À ce jour, Delphine Batho n’a apporté aucune réponse aux sollicitations des associations sur la fermeture de Fessenheim, y compris à la lettre ouverte que nous lui avons envoyé le 22 novembre. Surtout, comment peut-il y avoir un débat serein alors que les opposants à certains grands projets ne récoltent que la répression policière ?

 

Pour le Réseau « Sortir du nucléaire », ce n’est pas ce simulacre de démocratie qui permettra enfin d’engager le changement indispensable vers des énergies propres, sûres et créatrices d’emplois. Pour permettre aux citoyens de reprendre en main leur avenir, le Réseau « Sortir du nucléaire » donne rendez-vous le samedi 9 mars 2013 à Paris, pour une grande chaîne humaine qui encerclera les lieux de pouvoir.

D’autres infos sur www.chainehumaine.org

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 14:03

 

C’est inquiétant. Le débat sur la transition énergétique lancé officiellement aujourd’hui n’a convié aucun représentant des industries des énergies renouvelables. Ni le SER (Syndicat des Energies Renouvelables), ni Enerplan (professionnels du solaire), ni FEE (France Energie Eolienne) ne sont invités au Conseil National du Débat. Cette instance composée de 7 collèges et de 16 membres (État, syndicats, employeurs, ONG, associations de consommateurs, élus locaux et parlementaires) va fixer les grandes orientations du débat et servira de base à la formulation de la loi sur la transition énergétique. Pour Jean-Louis Bal, Président du Syndicat des Energies Renouvelables, c’est une décision « incompréhensible », pour laquelle il n’y a pas « d’explication rationnelle ». Jean-Louis Bal, rappelle que le SER est l’unique représentant officiel des entreprises du secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique au sein du Conseil Supérieur de l’Energie. La réponse du gouvernement  qui dit avoir limité ses invitations aux corps constitués (MEDEF, CGPME,… ) ne satisfait pas le SER. « Il y a 6 mois que le gouvernement est installé. Chaque fois que nous avons posé des questions de fond, on nous a renvoyé au débat et nous ne sommes pas conviés au débat » déclare Jean-Louis Bal.

 

Le Syndicat des énergies renouvelables regroupe 450 entreprises sur l’ensemble des chaînes de valeur des énergies renouvelables représentant 80 000 emplois directs et 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Au lancement du Grenelle de l’environnement, le SER a été convié à la table ronde « Lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d’énergie » du Grenelle de l’environnement présidée par Jean Jouzel et avait activement participé à la construction de la feuille de route Energies Renouvelables, votée, quelques mois plus tard, par le Parlement.

 

Un débat a minima ?

L’exclusion des professionnels des ENR, qui représentent des PME et PMI, fers de lance d’industries nouvelles porteuses d’emploi sur le territoire national, est un mauvais signe. Signe d’un débat a minima. Mais quel est l’intérêt d’un débat où les concernés ne sont pas invités ?

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 11:08

 

En France, 8,2 millions de logements se chauffent à l’électricité, 2ème mode de chauffage après le gaz naturel. Ce choix subtilement encouragé dans l’habitat à partir des années 1970 pour justifier le développement du parc nucléaire, s’avère en fait inefficace et très coûteux.

 

Une étude de  l’UFC-Que Choisir (réalisé avec le cabinet de conseil Artelys et un expert en énergie indépendant) révèle que le chauffage électrique est non seulement ruineux pour les usagers, mais impacte toute la collectivité.

 

Constatant que les mesures visant à réduire le chauffage électrique concernent surtout les logements neufs via la RT 2012, qu’un certain nombre de français sont des usagers captifs et que les foyers modestes sont plus lourdement pénalisés, l’UFC Que Choisir préconise des mécanismes incitatifs et des outils d’aide à l’investissement.

 

Principales propositions de l’UFC-Que Choisir : Une exonération de la taxe foncière (en partie ou en totalité) pour les propriétaires qui engagent des travaux pour améliorer la performance énergétique de leur logement ; La taxation progressive des équipements de chauffage électrique ; Une aide au financement par le biais d’un Tiers Investissement (TI), un mécanisme financier permettant au propriétaire d’un bâtiment de faire financer sa rénovation par un tiers ; Une taxation forfaitaire sur l’ensemble des équipements de rénovation (1 € par équipement) pour financer ces mesures.

  

L’UFC Que Choisir demande aussi un audit énergétique du parc de logement "inspiré du travail de fond fait en Allemagne". En France, le parc de logement est ancien et énergivore, la majeure partie des logements (plus de 62%) ayant été construits avant 1975, soit avant les premières réglementations thermiques, précise l’étude de l’UFC Que Choisir.

 

Constat : L’électricité est l’énergie la plus chère pour se chauffer

 

Parmi les différents postes de consommation d’énergie, le chauffage représente en moyenne 62% de la consommation d’énergie d’un ménage. La proportion peut dépasser 70% dans les logements mal isolés ou avec des chauffages vétustes, souligne l’étude de l’UFC-Que Choisir.

L’électricité est, avec le propane, l’énergie la plus chère pour se chauffer, et la facture des ménages s’est accrue fortement ces dernières années. Exemple cité : La facture moyenne d’un ménage qui se chauffe à l’électricité a progressé de 25% depuis 2007 (presque 3 fois plus que l’inflation et 2 fois plus que le montant du SMIC). A l’avenir, la facture électrique va encore augmenter (investissements nécessaires dans le réseau, les centrales nucléaires et les énergies renouvelables).

 

Des pointes coûteuses en moyens de production spécifiques

 

Lors des vagues de froid, le parc de chauffage électrique entraine des pointes de consommation qui nécessitent de faire appel à d’autres moyens de production (et notamment les centrales au fioul très chères). De plus, le réseau de transport doit être dimensionné pour ces moyens exceptionnels.

Le système électrique doit pouvoir répondre à une demande très élevée de Mégawatts lors des pics de consommation, même avec une occurrence peu fréquente.

 

Tout le monde paye le chauffage électrique, même ceux qui ne l’utilisent pas

 

L’étude a défini des profils de consommation (sans chauffage électrique / avec chauffage électrique), puis comparé les prix de l’électricité avec les coûts système respectifs, selon les usages. Résultat :

-     - Sans chauffage électrique (le consommateur utilise l’électricité seulement pour d’autres usages : éclairage, électroménager, TV etc…), le prix payé pour ces usages s’avère trop élevé (+ 2% en moyenne) par rapport aux coûts système engendrés.

-     - Avec chauffage électrique, c’est l’inverse : Le prix de l’électricité apparait trop faible (à hauteur d’environ -8%) par rapport aux coûts système mobilisés (moyens de pointe).

 

« Pour les usagers du chauffage électrique, les coûts liés à ce dernier ne sont donc actuellement pas répercutés sur la facture  mais plutôt sur l’ensemble des consommateurs n’ayant pas de chauffage électrique » conclut l’étude. D’autre part, la tarification (heures creuse / heures pleines) ne permet pas de « retranscrire correctement l’impact système des pics de consommation durant les périodes de grand froid ».

 

 Le chauffage électrique devrait être 12% plus cher pour couvrir ses coûts

 

En simulant une structure tarifaire différente, inspirée de la loi NOME (avec un tarif de base pour les périodes de consommation « normales » et le prix du marché pour les périodes de pointe), l’étude révèle que « une tarification permettant de couvrir les coûts devrait entraîner un écart minimum de 12% des prix de l’électricité entre  les usages avec et sans chauffage électrique ».

  

Surdimensionnement et coûts réseau

 

L’étude souligne aussi le surdimensionnement qu’entraine l’usage du chauffage électrique (« la puissance du parc électrique est de 123 GW alors que la consommation moyenne d’électricité sans chauffage est autour de 60 GW »). Les coûts de transport et de distribution sont également doublés. Tous ces surcoûts ne sont pas complètement couverts, actuellement, par les usagers du chauffage électrique, mais répartis sur l’ensemble des consommateurs d’électricité.

 

Etude complète :

http://www.quechoisir.org/environnement-energie/energie/electricite-gaz/etude-couts-caches-du-chauffage-electrique-face-a-la-mise-sous-tension-de-la-facture-d-electricite-du-consommateur-une-veritable-transition-s-impose

 

Remarque : L’étude met en lumière un des effets sous-jacents de la loi NOME : La remise en question du coûteux chauffage électrique, corollaire du développement du parc nucléaire.  On comprend mieux pourquoi cette loi, brandie comme un épouvantail annonciateur de la hausse des prix de l’électricité, a tardé à être appliquée. Depuis longtemps, le maintien de prix artificiels chez nous entretient l’illusion d’une électricité nucléaire bon marché. Difficile de faire reculer indéfiniment l’heure de vérité.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 22:58

 

Le projet de l’aéroport Notre Dame Des Landes va-t-il envenimer le débat sur la transition énergétique avant qu’il n’ait commencé ?

 

Voici le communiqué commun diffusé par La Fondation Nicolas Hulot, Agir pour l’environnement, Le Réseau Action Climat France, Greenpeace France :

 

Infrastructures de transport : Grandes oubliées du débat sur la transition énergétique ?

 

Alors que le gouvernement organise un débat citoyen sur la transition énergétique, le traitement particulier dont font l'objet les infrastructures de transport en général et le projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes en particulier exaspère les ONG de l'environnement.

Malgré leurs demandes répétées, la question des infrastructures de transport serait à ce jour exclue du champ du débat alors qu'elles ont une forte incidence sur nos émissions de gaz à effet de serre ou notre modèle énergétique. L'addiction aux énergies fossiles, qui coûte plus de 60 milliards d'euros par an à notre pays, est une réalité que le gouvernement, comme l'Elysée, ne peuvent plus ignorer.

Alors que ce débat doit débuter tout prochainement, une commission réunissant six parlementaires et quatre experts a été installée à la mi-octobre afin d'évaluer la pertinence des projets d'infrastructures inscrits au Schéma national des infrastructures de transport (SNIT). D'un montant de 245 milliards d'euros, ces projets doivent ainsi faire l'objet d'une hiérarchisation sur des critères financiers, socio-économiques et écologiques. Cette commission, établie sans concertation préalable avec les parties prenantes, a débuté ses travaux sans publicité et a 6 mois pour rendre ses conclusions. La représentation des ONG au sein de cette commission n'a pas été accueillie favorablement, laissant supposer que la gouvernance à 5+1, chère au gouvernement, s'arrête là où commence le débat sur les infrastructures de transport.

Les ONG ont par ailleurs appris que le projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes qui catalyse toutes les oppositions ne serait pas réétudié dans le cadre de cette commission. Concernant les autres projets, les dix membres de cette commission ne disposeront pas de nouvelles études objectives leur permettant d'évaluer rigoureusement l'utilité sociale, leur impact sur l'environnement, et tout spécialement sur le climat. Faute d'outils appropriés et données objectives, comment les membres de la commission de révision du SNIT pourront établir leur jugement ?

À l'heure de la transition énergétique, les ONG appellent le gouvernement à élargir le périmètre du débat national sur la transition énergétique en y intégrant la question de la mobilité en général et celle des infrastructures de transport en particulier. Elles appellent aussi le gouvernement et la commission de révision du SNIT à réévaluer toutes les infrastructures, même (surtout) celles faisant l'objet d'une opposition déterminée des citoyennes et citoyens français.

 

Source : Communiqué de presse.

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Published by Mijo - dans transport
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