Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 20:17

 

Des camions et des bus moins polluants, c’est possible. En Suède 600 bus roulent à l’ED95 (*), un biocarburant de nouvelle génération compatible avec les moteurs diesel. Composé de 95% de bioéthanol produit par la coopérative française Raisinor à partir de marc de raisin, et de 5% d’additif, l’ED95 vient de faire l’objet d’une Analyse de Cycle de Vie.  Réalisée par EVEA (cabinet spécialisé dans les ACV des carburants), l’analyse a mesuré l’impact de l’ED95 et fait une comparaison avec le diesel. Bilan : L’ED95 émet 50% de particules fines en moins, 43% d’oxydes d’azote (NOx) en moins, et, permet au final une réduction de plus de 85% les émissions de gaz à effet de serre par rapport au diesel.

 

L’ED95, qui peut donc répondre aux objectifs de baisse des émissions, n’est pourtant pas inscrit en France sur la liste des carburants autorisés.  Gilles Baustert, Directeur marketing et avant-vente de Scania France, et Jérôme Budua, Directeur de Raisinor, espèrent toutefois un avis favorable de la Direction Générale de l’Energie et du Climat pour obtenir une autorisation en 2014. Même si l’ED95 reste une « solution de niche qui ne pourra pas remplacer complètement le gasoil dans les transports en commun et de marchandises », précise Jérôme Budua, « avec un potentiel de production de 40 millions de litres par an, il est  tout à fait envisageable de produire du bioéthanol pour un parc de 300 bus et 500 camions à l’horizon 2016-2017 » explique-t-il. La solution est d’autant plus intéressante pour les transports urbains et la desserte des centres villes qu’elle réduirait la pollution des métropoles asphyxiées les jours sans vent.   

 

2 expériences en France

 

Depuis 2011, l’ED95 a fait en France l’objet de 2 expérimentations.  Le groupe Transdev a expérimenté pendant 3 moins sur le réseau Pastel de Saint-Quentin (Aisne) un bus fonctionnant à l’ED95. Elle a eu un grand succès auprès des salariés. Alors qu’il ne fallait que 26 conducteurs pour assurer 2 services par semaine, une cinquantaine se sont portés volontaires, a raconté Thierry Dubost, Directeur de Saint-Quentin Mobilité Transdev. Le projet s’est toutefois heurté à beaucoup de difficultés administratives et le bilan reste négatif sur les coûts, avec un litre plus cher que le gasoil (l’ED95 n’a pas une fiscalité adaptée à ses caractéristiques) et une consommation supérieure.

 

La STAF (Spécialiste du transport alimentaire et frigorifique, Villeneuve-le-Roi, 94) a testé 3 camions Scania roulant à l’ED95 via 3 distributeurs, Monoprix, Carrefour et Casino. Embarek Mendjel de La STAF plébiscite la fiabilité de la solution « incomparable par rapport à toutes les autres » et salue en particulier «la fiabilité de la maintenance » . « C’est une solution qui fonctionne aujourd’hui et  qui réduit fortement l’impact de nos livraisons dans les centres villes», ajoute-t-il. Restent quelques problèmes : Le coût et la partie réglementaire.

 

 

Raisinor (Libourne) est une société coopérative  qui fédère la majorité des distilleries en France et représente en tout 1000 employés. Leader mondial, avec son partenaire Mediaco, de la production d’huile alimentaire de pépins de raisin depuis 1995, elle a lancé en 2008 une activité de négoce d’éthanol vinique. Cet éthanol est fabriqué à partir de déchets issus de la production du vin, ce qui exclut toute concurrence avec des productions alimentaires. Son principal débouché concerne le marché des biocarburants, soit l’E10 et l’E85 en France, et l’export. Raisinor est présente en Corée, Chine, au Japon et aux USA.

Constructeur suédois de poids-lourds (camions et bus), maintenant dans le giron de Volkswagen , Scania dispose d’un site d’assemblage à Angers et emploie environ 2300 personnes en France.  Engagé dans le développement durable et pionnier de l’usage de carburants alternatifs, il propose une gamme de motorisations compatibles bioéthanol, hybride électrique, biogaz, et biodiesel.

 

(*) ED95 = Ethanol Diesel 95

 

Repost 0
Published by Mijo - dans transport
commenter cet article
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 11:14

 

L’Association NegaWatt a analysé l’impact sur l’économie et l’emploi de son scénario sur la transition énergétique 2011-2050. Cette contribution, présentée à la presse le 29 mars, sera versée au Débat National sur la Transition Energétique. Plus créateur d’emplois que le scénario tendanciel (*), le scénario NegaWatt (voir ici), a un bilan positif de 235 000 postes en 2020. Il a été actualisé mais a peu varié sur le fond. Reposant sur 3 piliers, sobriété, efficacité et développement des énergies renouvelables, il  prévoit toujours la sortie du nucléaire en 2033, un effort important d’efficacité énergétique (les 2/3 du chemin) et 91% de nos besoins énergétiques couverts par les EnR en 2050. Il mise un peu moins sur la biomasse qu’à l’origine, et met davantage l’accent sur la méthanisation (le méthane représentant un atout  majeur pour résoudre les problèmes de stockage des ENR).

 

Philippe Quirion, économiste du laboratoire CNRS-CIRED (Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement) a fait une évaluation précise des emplois créés et détruits en France par l’adoption du scénario NegaWatt. Il a utilisé la méthode du « contenu en emploi» (nombre d’emplois créés par millions d’€ dépensés) appliqué à 118 branches (bâtiment, transport, ENR et autres secteurs de l’énergie). De nombreuses activités ont été prises en compte y compris le démantèlement des centrales nucléaires.

 

Secteurs les plus porteurs : La rénovation et les ENR

 

En tout, le scénario NegaWatt génèrerait  235 000 emplois de plus que le scénario tendanciel en 2020, 439 000 en 2025 et 632 000 en 2030. La rénovation des bâtiments et les énergies renouvelables seraient les plus pourvoyeurs de travail, alors que la construction neuve ralentirait et que les transports subirait une cure d’amaigrissement (le développement des transports en commun et du fret  ne compensant pas les pertes dans l’automobile).

 

Toutes filières confondues, le secteur des ENR totaliserait en France en 2030, 530 000 emplois bruts, essentiellement dans la biomasse, l’éolien et le photovoltaïque ainsi que, dans une moindre mesure, le solaire thermique. 335 000 emplois supplémentaires (par rapport au scénario tendanciel) seraient créés à l’horizon 2030, et le nombre d’emploi continuerait  à croître jusqu’à l’horizon 2050 du fait du renouvellement des équipements PV et éolien.  Si, parallèlement, beaucoup d’emplois disparaitraient dans les énergies non renouvelables comme les fossiles et le nucléaire, ces pertes resteraient inférieures aux créations dans les ENR dont le contenu en emploi est supérieur. En comptant l’ensemble des  emplois liés à l’énergie (ENR, fossiles et nucléaire, réseaux de gaz et d’électricité), le scénario négaWatt entraîne un bénéfice net de 142 000 emplois en 2020, 141 000 en 2025 et 219 000 en 2030.

 

(*) Ce scénario tendanciel, établi par NegaWatt et proche de celui de la DGEC, consiste à poursuivre les tendances actuelles en tenant compte des mesures déjà prises dont celles du Grenelle de l’Environnement.

 

Pour télécharger la synthèse et l’ensemble de l’étude :

www.negawatt.org/etude-emplois-economie-p120.html

 

L’Association NegaWatt publie aussi un livre « Changeons d’énergies, Transition mode d’emploi »  accessible à tous. 80 pages pour décrypter les enjeux de l’énergie et découvrir les bénéfices du modèle NegaWatt  qui commence à inspirer quelques initiatives en France.

Auteurs : Thierry Salomon, Marc Jedliczka, Association NegaWatt. Coédition Actes Sud, NégaWatt, Colibris.

A commander sur le site de l’Association www.negawatt.org

 

 

Repost 0
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:30

 

 

France Energie Eolienne (association qui regroupe la majorité des professionnels de l'éolien en France) souligne dans un communiqué, qu'elle est à l’initiative de la rédaction de ce nouveau modèle de contrat d’achat rassurant pour les investisseurs. FEE rappelle néanmoins la nécessité d’une sécurisation du tarif d’achat pour lever l’incertitude qui empêche actuellement le développement de la filière.

 

Le Communiqué de FEE :

 

Eolien français : des projets débloqués, un tarif qui reste à sécuriser

 

Dans l’attente de la sécurisation de l’arrêté tarifaire, de nombreux projets éoliens sont actuellement gelés. 1600 MW sont sur la sellette actuellement. Pour débloquer la situation, France Energie Eolienne est à l’initiative de la rédaction d’un nouveau modèle de contrat d’achat négocié avec EDF, sous l’égide du ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie. Ces contrats devraient permettre la construction de nombreux parcs qui étaient en attente de financement. Pour autant, l’aboutissement des discussions entre l’Etat et la Commission européenne sur l’arrêté tarifaire est essentiel pour pérenniser le développement de l’éolien en France.

La filière éolienne française a marqué le pas en 2012. 757 mégawatts (MW) d'éolien ont été seulement raccordés au réseau électrique en 2012, soit 19% de moins qu'en 2011. 

Une des raisons de cette baisse est le renvoi par le Conseil d’Etat à la Cour de Justice de l’Union Européenne de la décision de statuer sur l’arrêté tarifaire éolien. Cette procédure a généré une incertitude, bloquant le financement de nombreux projets éoliens en France.

Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie a annoncé en janvier 2013 des discussions à venir avec la Commission européenne. Elles devraient déboucher sur la notification de l’arrêté tarifaire, ce que la filière attend avec impatience.

Deux signes redonnent également espoir à l’éolien français. Le premier est le vote au mois de mars de la loi Brottes qui va éviter notamment l’actuel empilement des procédures administratives et le second est la mise en place de ce nouveau contrat d’achat négocié entre EDF et les producteurs éoliens.

Nicolas Wolff, président de l’association France Energie Eolienne qui est à l’origine de cette démarche, confie que « ce modèle transitoire a l’avantage de rassurer les financeurs en attente de l’arrêté tarifaire et donc de sécuriser à court terme une filière malmenée ».

Contrairement aux pratiques antérieures, ce contrat pourra être ainsi conclu à la signature de la convention de raccordement, sans qu’il soit nécessaire d’avoir des compteurs posés, ni des contrats d’accès au réseau signés.

Cette démarche est un premier pas pour répondre à l’appel de la Commission européenne qui souhaite l’intensification des efforts en matière d’énergies renouvelables, afin de « fiabiliser l'horizon des investisseurs, de réduire la charge administrative et d'améliorer la clarté de la planification » (communiqué de presse Commission européenne du 27 mars 2013).

Repost 0
Published by Mijo - dans éolien
commenter cet article
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 16:02

 

Le Syndicat des Energies Renouvelables approuve le nouveau modèle de contrat d’achat éolien qui devrait permettre de débloquer le secteur.

 

Voici le communiqué du SER :

 Le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie a publié aujourd’hui le nouveau modèle de contrat d’achat éolien. Désormais il sera possible d’anticiper la signature du contrat d’achat de l’énergie produite par l’installation ce qui va permettre de débloquer le financement de nombreux projets.

La Commission éolienne du Syndicat des énergies renouvelables, qui regroupe la majorité des entreprises du secteur soit 195 entreprises, présentes sur toute la chaîne de valeur de la filière, attendait avec impatience la possibilité d’anticiper la signature des contrats d’achat éolien.

En effet, il était devenu très difficile pour les investisseurs de s’engager à financer un projet étant donnée la période d’insécurité juridique. La possibilité d’anticipation offerte par une clause nouvelle dans le modèle de contrat validé ce jour par la ministre permet de « dégeler » de nombreux projets éoliens et relancer ainsi, pour partie, l’ensemble de la filière, des porteurs de projets jusqu’aux industriels fournisseurs de matériels et prestataires de services.

« L’insécurité juridique actuelle fait beaucoup de mal à la filière et met en péril de nombreux emplois. La décision de la ministre offre une véritable bouffée d’oxygène aux entreprises du secteur», déclarent Jean-Baptiste Sejourné, respectivement Président de la Commission éolienne du SER, et Jean-Louis Bal, Président du SER.

Repost 0
Published by Mijo - dans éolien
commenter cet article
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 12:54

 

Le Syndicat des Energies Renouvelables évoque des décisions inadaptées « qui mettent la filière en danger et qui sont de nature à générer la disparition de milliers d’emplois ».

 

Le communiqué de SER-SOLER :

Il y a six mois, à l’occasion de la conférence environnementale, le gouvernement s’était engagé à mettre en œuvre, très rapidement, des mesures d’urgence pour sauver une filière photovoltaïque en grand danger malgré son intérêt stratégique. Après l’annonce, le 26 mars, par le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, de la refonte du cadre de l’appel d’offres simplifié, force est de constater que le bilan de ces mesures est particulièrement décevant et compromet à court terme l’avenir de la filière.

SER-SOLER rappelle que les chiffres de raccordement du photovoltaïque se sont effondrés, passant de 241 MW au troisième trimestre 2012 à 75 MW au quatrième trimestre, ce qui constituait une sérieuse alerte sur le niveau d’activité de la filière. C’est la raison pour laquelle les professionnels attendaient avec impatience la concrétisation des mesures d’urgence promises pour assurer la survie de la filière jusqu’à l’adoption de la loi de programmation sur l’énergie.

Contre toute attente, et malgré les engagements des pouvoirs publics, l’annonce le 26 mars 2013 d’un nouvel appel d’offres simplifié concernant les installations de 100 à 250 kW, et de l’arrêt prématuré de l’ancienne procédure qui devait assurer la continuité de l’activité des entreprises, se traduit en réalité par, au mieux, 13 mois de suspension d’activité pour les acteurs sur ce segment de marché.

Déjà, l’appel d’offres de 400 MW pour des installations de puissance supérieure à 250 kW, lancé le 13 mars dernier, n’a pas rassuré les professionnels. En effet, les critères de sélection choisis et le mode de notation proposé ne permettent pas d’assurer le niveau de visibilité nécessaire pour envisager des investissements industriels pour les fabricants implantés en France, et d’assurer la qualité des projets développés.

Ainsi, ces décisions sont de nature à déclencher la disparition de la majorité des milliers d’emplois qui subsistaient dans la filière. Dans un tel contexte, l’objectif gouvernemental de développer 1 000 MW en 2013 semble hors de portée.

Jean-Louis Bal, Président du SER, et Arnaud Mine, Président de SOLER et Vice-président du SER, déclarent : « Etant donnée la situation de crise que connait la filière photovoltaïque, et l’inadéquation des mesures décidées, nous demandons à être reçus par la ministre pour revoir sans délai l’ensemble des dispositions concernant les installations photovoltaïques de puissances supérieures à 100 kW. »
Repost 0
Published by Mijo - dans solaire
commenter cet article
27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 17:50

 

La Fondation Nicolas Hulot veut mettre à l’ordre du jour « certains chantiers fiscaux prioritaires » comme les taxes sur le diesel, la fiscalité climat-énergie, l'arrêt des subventions à la pollution (notamment au kérosène des avions, gazone lnon routier pour les agriculteurs).

A la veille de la réunion du « Comité pérenne pour la fiscalité écologique » (prévue le jeudi 28 mars), la Fondation Nicolas Hulot s’inquiète de ce que «à ce jour, le gouvernement n’a soumis aucune mesure au comité » et alerte : « Il y a urgence à ce que les ministres concernés fassent enfin des propositions ».  Créé en décembre dernier, dans le prolongement de la Conférence environnementale, le Comité pérenne pour la fiscalité écologique est chargé de formuler un avis sur les mesures fiscales présentées par le gouvernement et de faire des propositions en la matière. Il devrait annoncer une première série de mesures opérationnelles au printemps 2013, en vue de leur inscription au projet de loi de finances pour 2014.

Rappelant que la France se situe au 26ème rang européen pour la fiscalité écologique et que la Cour des Comptes a elle-même dénoncé  l’incohérence des niches fiscales en faveur de la pollution (qui représentent plusieurs milliards d’€ chaque année), la Fondation Nicolas Hulot fait 4 propositions pour engager le pays dans la transition énergétique et montrer un chemin exemplaire, alors que Paris accueillera la convention climat en 2015. Ces propositions peuvent être intégrées dans la loi de Finances 2014.

 

1)      Un rattrapage de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence

A terme, 7 milliards de recettes supplémentaires sont attendus de cette mesure.

Pour la Fondation Nicolas Hulot, le rattrapage pourrait être effectué en 4 ans, avec une hausse de 4 cts/an, (soit moins de 2€/plein). Les recettes doivent être essentiellement réinvestis dans la transition vers une mobilité moins consommatrice de carburants et dans des mesures compensatoires pour aider les ménages au-dessous du revenu moyen (soit environ la moitié des ménages). Parmi les mesures envisagées : Un chèque mobilité (de 80 à 160 € par an), et un fond pour le développement des alternatives à la voiture individuelle (covoiturage, auto-partage, taxis partagés, etc…). La prime à la reconversion (ou prime à la casse) est envisagée mais sous conditions : soumise à un plafond de ressources, réservée à l’acquisition d’un véhicule performant (en termes d’émissions de CO2 mais aussi de qualité de l’air). Pour les constructeurs auto : Des fonds peuvent être avancés pour travailler au véhicule à 2 litres aux 100 km, « l’avenir de l’industrie automobile française étant dans les nouvelles motorisations, pas dans un modèle ancien centré sur le diesel ».

 

2)      Mise en place d’une fiscalité carbone

La FNH veut mettre en place dès la loi de finance 2014 une Contribution Climat Energie, sur le modèle de celle proposée par Michel Rocard en 2009, et propose, en débat, les modalités suivantes :

 

- Le montant de cette taxe pourrait être, les premières années, significativement en dessous du niveau initial envisagé en 2009 (qui était de 32 /tCO2), avec une hausse modérée les 5 premières années puis un rattrapage plus rapide pour atteindre 75 à 100 t/CO2 en 2030.

 

-  Cette contribution devra s’appliquer de manière équivalente sur les ménages et sur les entreprises non soumises au système européen d’échange de quotas d’émissions. Les ménages et les entreprises devront bénéficier dans le même temps de mécanismes de soutien à la réduction des consommations d’énergie notamment sur la rénovation thermique et de mesures de redistribution. Des mesures de soutien provisoires pour les industries très consommatrices et/ou exposés à la concurrence internationale sont prévues.

 

3)      Réduction des avantages du kérosène aérien

« Le kérosène est le seul carburant qui échappe à toute taxe, alors même que l’aviation reste le mode de transport le plus polluant », rappelle la FNH. Sa proposition : Supprimer progressivement en 4 ans les avantages fiscaux sur le kérosène pour les vols intérieurs, ce qui représenterait 2 €/vol en 2014 et 4€/vol en 2015. Ce surcoût serait intégralement payé par le passager et n’influerait donc pas la rentabilité des compagnies aériennes. Il n’affecterait pas les foyers modestes, ¾ des passagers aériens réguliers étant des CSP +.

 

4)      Des soutiens qui ne reposent pas sur le critère prix

La FNH plaide pour de nouvelles formes de soutien sectoriels (à inventer) qui ne soient pas basées sur la garantie d’un prix de l’énergie bas, qualifiées « d'aides fiscales anachroniques » n’incitant pas à réduire la consommation d’énergie, et contribuant à la pollution et au réchauffement climatique. Parmi les secteurs concernés : les routiers, les taxis, les agriculteurs, les pêcheurs, les raffineries. Le but n’est pas « de les pénaliser alors qu’ils connaissent des situations difficiles » mais « de remplacer ces subventions par des réductions de charges sociales sur le travail ou d’autres aides qui les encourageraient à améliorer leur compétitivité en réduisant leurs consommations d’énergie ». A titre d’exemple, les taxis bénéficient actuellement d’une réduction des taxes sur le gasoil qui rend difficilement compétitif les motorisations moins émettrices comme les hybrides. A partir de 2014, l’avantage fiscal pourrait être, pour les voitures taxi neuves, remplacé par des aides supplémentaires à l’acquisition de véhicules à très faibles consommations / émissions.

 

 

Repost 0
Published by Mijo - dans transport
commenter cet article
15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 16:04

Lors d’une conférence de presse, l’Association Global Chance, qui réunit des ingénieurs et des spécialistes de l’énergie, a proposé des éléments de réflexion pour éclairer le débat sur la transition énergétique. Ils sont détaillés dans le n° 33 des Cahiers de Global Chance. Voici un aperçu rapide du scénario alternatif pour la ré-attribution des concessions hydrauliques, présenté par André Marquet.

 

Pour rappeler le contexte : En conformité avec le droit européen, la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006 a ouvert les concessions hydrauliques à la concurrence.  Leur potentiel de stockage de l’énergie est de l’ordre de 39 TWh et elles représentent une puissance d’environ 20 GW mobilisables rapidement pour faire face aux appels de pointe, et sont donc utilisées actuellement pour les pointes hivernales dues au chauffage électrique. Global Chance préconise d’utiliser ces ressources davantage en complémentarité avec les énergies renouvelables. Il s’agit à une échelle locale ou régionale, d’exploiter le stockage d’énergie hydraulique (lacs et éclusées) pour régulariser la production d’énergies renouvelables (principalement, le solaire et l’éolien). Cela implique de demander aux candidats opérateurs des sites d’investir dans ces énergies, en complémentarité de la production hydraulique, et dans la maîtrise des consommations d’électricité au niveau territorial.

 

Aux trois critères d’attribution des concessions mis en avant dans les appels d’offres  (investir pour augmenter la production hydroélectrique de l’ordre de 10%, améliorer l’impact environnemental et prévoir une redevance/partage de la rente hydraulique), André Marquet de Global Chance propose d’ajouter un 4ème critère qui valoriserait les candidats engagés à la fois dans le développement des énergies renouvelables et dans la maîtrise de la consommation. « Des renforcements de puissance pourraient être envisagés dans le but d’équilibrer davantage les énergies renouvelables, avec éventuellement l’usage de réseaux locaux et intelligents, de type smart grids », a-t-il précisé.

 

 

Dossiers sur la sûreté nucléaire, les gaz de schiste… et, en prime, un conte excellent

 

D’autres interventions intéressantes sur la situation énergétique en France et en Allemagne (par Andréas Rüdinger) la sûreté nucléaire (par Bernard Laponche), les gaz de schistes (par Benjamin Dessus) ont été faites à cette conférence. Tout (dont une partie en ligne) est dans le n° 33 de Global Chance intitulé « Des questions qui fâchent : contribution au débat national sur la transition énergétique ».

 

     Pour ma part, ce que j’ai préféré dans ce numéro,  c’est le conte « Un Noël de bure » de Benjamin Dessus (Président de Global Chance). Une fiction poétique, drôle et un peu mystique, qui évoque le problème des déchets nucléaires dans toute sa dimension,  l’éternité. C’est aussi une métaphore inquiétante des exigences quasi sacrificielles du nucléaire. Accessible ici.

Repost 0
Published by Mijo - dans hydraulique
commenter cet article
12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 15:46

éolienne au bord de l'A 10

 

Dans la nuit du 11 au 12 mars, la proposition de loi sur l’énergie, la fameuse « PPL Brottes », a été votée à l’Assemblée Nationale. Elle prévoit un bonus-malus sur la consommation d’énergie des foyers (qui concerne les seules énergies en réseau, gaz et électricité) et qui ne prendra effet qu’en 2016. Par contre, l’extension des tarifs sociaux à 4 millions de foyers est actée. Parallèlement à ces dispositions, le volet « éolien » de la loi définit un cadre plus favorable à cette énergie. L’éolien se voit libérer de plusieurs contraintes. Les ZDE (Zones de Développement de l’Eolien) sont supprimées, la règle des 5 mâts minimum est supprimée et on pourra même installer une seule éolienne. Une dérogation à la loi Littoral est prévue pour les projets éoliens et le raccordement à terre des énergies marines, jusqu’à présent pas toujours possible, en sera facilité. 

 

 

Photo © Colorwatt. Eolienne au bord de l'A 10.

 

 

Les professionnels de l’éolien approuvent ces dispositions

 

La réaction du SER : « Ces dispositions, que le Syndicat des énergies renouvelables avait proposées dans son Livre blanc, publié en janvier 2012, vont, dans l’immédiat, libérer bon nombre de projets, en particulier dans les régions du Grand Ouest : dans les régions Pays de la Loire, Bretagne, Basse-Normandie, plus de 50% des projets en cours de développement en 2010 avaient dû être stoppés à la suite de l’adoption, dans la loi Grenelle 2, de la règle des 5 mâts. Ces mesures de simplification vont, notamment, faciliter le développement d'installations de dimensions modestes, adaptées à la topographie et aux paysages de nombreuses régions rurales, en métropole et outre-mer ».

«(…) Ce nouveau cadre va aider notre pays à réduire son retard par rapport à l’objectif 2020 de 25 000 MW. Rappelons que, depuis plusieurs années, le rythme de développement du parc a été considérablement ralenti par des réglementations qui asphyxient notre filière. Ainsi, en 2012, 753 MW seulement ont été raccordés au réseau et le parc cumulé atteint, aujourd’hui, à peine 7 560 MW. Le nombre d’emplois est passé, depuis 2010, de près de 11 000 à près de 8 000. Même s’il existe encore un obstacle majeur au développement de la filière avec l’incertitude qui persiste sur le tarif d’achat du KWh éolien et quelques adaptations réglementaires à mettre en œuvre, développeurs, industriels et investisseurs reprennent confiance, » expliquent Jean-Louis Bal, Président du SER, et Jean-Baptiste Sejourné, Président de la Commission éolienne du Syndicat des énergies renouvelables.

 

FEE (France Energie Eolienne) se réjouit de l’adoption de la proposition de la loi, en particulier de l’abandon des ZDE « devenues redondantes avec les schémas régionaux », de la suppression de l’obligation des 5 mâts (qui va relancer les projets dans l’Ouest de la France) et de l’aménagement de la loi Littoral. Toutefois FEE «reste vigilante sur le raccordement des parcs éoliens au réseau électrique et sur l’arrêté tarifaire ».

« L’adoption de la loi va permettre à la France de rester dans le top cinq des producteurs d’énergies éoliennes en Europe dans le sens d’une transition énergétique raisonnée. Pour autant, cette perspective ne pourra être pleinement atteinte que si le mode de calcul des coûts de raccordement au réseau électrique est revu et que si l'arrêté tarifaire éolien est sécurisé par une procédure de notification auprès de la Commission européenne» conclut le communiqué de France Energie Eolienne.

 

Repost 0
Published by Mijo - dans éolien
commenter cet article
10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 23:33

 

                                     

9-mars-2013-Bastille-1.JPG

                                                          9 mars 2013, Paris. Une revendication portée bien haut

 

Ambiance cool et pacifique, hier, à la chaîne humaine pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire. Beaucoup de militants (membres de Sortir du Nucléaire, de EELV, de Sud Rail, des Amis de La Terre, quelques NPA, quelques  Front de Gauche, et d’autres que j’oublie),  des mouvements alternatifs tendance Occupy, mais aussi des citoyens ordinaires, des familles avec enfants.  Plusieurs milliers de personnes (20 000 selon les organisateurs) ont protesté devant les hauts lieux du nucléaire français et affirmé leur solidarité envers les victimes de Fukushima. La liaison entre l’Est et l’Ouest de Paris n’a pas pu être réalisée, mais les rassemblements auxquels j’ai moi-même assisté (celui de La Gare Saint-Lazare pour dénoncer les convois radioactifs) et celui de Sortir du Nucléaire et Yosomonet (sur la situation au Japon) étaient conséquents.

 

 

9 mars 2013 St Lazare

                                                             14 h, Gare St-Lazare avant la formation de la chaîne

9 mars 2013 Solidarité avec victimes de Fukushima

                                                              Solidarité avec les victimes de Fukushima à l'Opéra

 

 

En cas d’accident nucléaire, quid des stocks de pastilles d’iode ?

Les manifestants qui ne sont pas des professionnels de la politique ont exprimé souvent de l’inquiétude, comme ce pharmacien rencontré au concert final à la Bastille. Ce qui le préoccupe, c’est qu’en cas d’accident nucléaire qui toucherait la région parisienne (la centrale de Nogent est à moins de 100 km de Paris), « il n’y aura pas de pastille d’iode pour tout le monde ». Lui n’est pas approvisionné, aucune pharmacie à Paris ne l’est, et il doute, en cas de problème, que l’on puisse obtenir rapidement un approvisionnement suffisant pour la population parisienne. Il y a 2 ans, au moment de la catastrophe de Fukushima, il a vu arriver de nombreux clients dans sa pharmacie à la recherche de pastilles d’iode, et il a bien fallu leur dire qu’il n’en avait pas.

 

 

9-mars-2013-Bastille-3.JPG

                                                            Une ambiance pleine de fun...

 

9-mars-2013-Bastille-2.JPG

                                                           ... et d'inquiétudes.

 

 

9-mars-2013-dessin-Etienne-Davodeau.JPG

                                             Un combat qui inspire aussi les artistes (dessin d'Etienne Davodeau)

Repost 0
Published by Mijo - dans opinions
commenter cet article
7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 17:13

 

« Le débat est clos » a dit Arnaud de Montebourg. Le gouvernement a décidé de ne pas suivre les recommandations de la Cour des Comptes qui critiquait la moindre taxation du diesel qui fait perdre à l'Etat 7 milliards d’€.

Donc ni taxation du diesel, ni prime à la reconversion en 2013. Les pics de pollution ont de beaux jours devant eux et les urgences des hôpitaux continueront d’être saturées par les bronchiolites et les rhinites des petits. Avec des conséquences aggravantes pour les comptes de la Sécu, ce qui ne semble pas émouvoir non plus le gouvernement.

Le Réseau Action Climat de France qui fédère 450 associations pour la protection de l’environnement a vivement réagi. « L’argent issu de la suppression progressive de cette niche fiscale permettrait de financer des alternatives à la voiture individuelle et de compenser, pour partie, le surcoût pesant sur le budget des ménages les plus modestes » déclare le RAC-France. Pour les associations, « la fiscalité n’est pas nécessairement confiscatoire. Elle peut être redistributive et ainsi permettre d’être socialement juste et écologiquement efficace, alors qu’aujourd’hui l’incitation fiscale au diesel est payée directement par les contribuables (y compris celles et ceux qui n’ont pas de voitures) et par l’assurance maladie. »

Pour Michel Dubromel de FNE  (France Nature Environnement) « le relèvement du taux de taxe sur le diesel constitue une des réponses au grave problème de santé publique auquel la France est confrontée et qu’aucune mesure existante n’a véritablement tenté de résorber à ce jour. Refuser d’en discuter avant même que le débat sur la transition énergétique ne soit clos et que le comité sur la fiscalité écologique n’ait rendu ses conclusions représente tout simplement un pied de nez au processus de concertation annoncé par le Président de la République ».

La France, avant-dernière de l’Europe sur la fiscalité écologique

Les associations au sein du RAC-F « appellent le Premier Ministre à clarifier au plus vite la position du Gouvernement sur ce sujet, à se montrer cohérent et ferme et à laisser la porte ouverte aux débats. La France est toujours située à l’avant-dernier rang au niveau européen en matière de fiscalité écologique. Repousser en fin de mandat l’adoption des mesures fortes qui s’imposent aujourd’hui pour rattraper ce retard n’est pas une option ».

 

Repost 0
Published by Mijo - dans transport
commenter cet article

Présentation

  • : Une autre énergie est possible
  • Une autre énergie est possible
  • : Les énergies renouvelables, leurs enjeux et leurs usages au quotidien.
  • Contact

Profil

  • Mijo
  • Journaliste indépendante.
 
J'espère, à travers ce blog, contribuer à alimenter un débat démocratique sur nos choix énergétiques.
Un peu la tête dans les étoiles certes, mais les pieds sur terre dans des baskets bleues. Twit: Colorwatt
  • Journaliste indépendante. J'espère, à travers ce blog, contribuer à alimenter un débat démocratique sur nos choix énergétiques. Un peu la tête dans les étoiles certes, mais les pieds sur terre dans des baskets bleues. Twit: Colorwatt

Recherche

Liens